Danielle Jameux marche…

Danielle Jameux  marche. Elle marche dans les chemins, dans les forêts, dans ses pensées, dans ses rêves. Infatigable. Sans y prendre garde, elle se nourrit de ses sensations, bâtit des histoires basées sur son vécu, son enfance, ses rencontres. Ses chemins de traverses sont sensibles, douloureux, ludiques ; son voyage intérieur est interminable.

DSC_2065Danielle Jameux  marche. Elle engrange  des images, des sons : le bruit du vent, de la forêt, d’un ruisseau, d’un oiseau. Elle s’imprègne de nature,  forge ses souvenirs, se laisse envahir, porter par les sensations. Elle enfouit les mots au plus profond d’elle-même, ces mots qu’elle emprisonne dans ses pensées.

« C’est comme l’art – Il y a une ligne tracée quelque part, certains êtres sont capables de la dépasser tandis que d’autres ne pourront jamais » Haruki Murakami-

Et Danielle Jameux franchit la ligne !

Danielle côtoie l’indicible, l’invisible. Les mots sensibles sourdent dans la toile… Danielle Jameux  invente un monde imaginaire, le sien. Elle raconte des histoires, des contes,  des légendes, crée sa propre écriture.  Les personnages présents-absents naissent à son insu, se bousculent, jouent, s’interrogent… interrogent ? La couleur explose.

«  Ma main entraîne ma pensée et mon corps, sans que je sache tout à fait ce qu’elle va dire ».

Les mots se transforment en hommes, femmes, femmes-maisons, enfants,  arbres, forêts qui se dédoublent, s’observent, se projettent dans leurs rêves ou dans leurs fantasmes.

«  Le peintre… n’a de bonnes raisons qu’à peindre ce qu’il ne voit pas, mais ce qu’il aspire à voir » Jean Dubuffet.

Pastels, huiles, céramiques, tout l’art de Danielle Jameux est empreint de poésie, d’une fragilité, d’une sensibilité à fleur de peau,. La couleur exulte : « Elle m’aide à voir l’invisible ».

Danielle Jameux marche vers sa lumière. L’apaisement est là : dans l’œuvre aboutie.

Michèle Guérin